Un grand éclat de rire

Cela fait un moment que je n’ai rien écrit sur ce blog ; c’est que j’étais trop occupée sur le terrain ! Maintenant que j’ai un moment de répit, j’ai envie de vous raconter le mariage de Flora et Grégory, dont je garde un souvenir magique. Grégory et Flora sont des amis de longue date ; dès l’annonce de leur mariage il y a un an et demi, il était décidé que je ferais leurs photos de mariage. Ils ont convolé le 25 juin. Les fiancés se sont habillés dans la maison de la grand-mère de Flora, une vaste demeure du dix-neuvième siècle, avec des meubles d’époque, héritée d’un compositeur célèbre. La cérémonie laïque et la fête devaient avoir lieu dans le jardin. Il était donc tout naturel de faire les photos de couple dans l’enceinte de ces hauts murs qui symbolisait la continuité familiale, et où la cousine de Flora s’était mariée l’année passée.

En attendant le rendez-vous à la mairie, j’ai donc fait quelques photos dans le jardin puis dans la maison. Lors d’une précédente visite, j’avais repéré le piano à queue dans le coin du grand salon, et surtout la lumière magnifique qui l’inondait depuis les deux grandes vitres disposées à angle droit. Flora est venue s’accouder, a posé son bouquet rond auprès d’elle tandis que Grégory, debout près de la cheminée, l’observait. Je me suis installée dos à la fenêtre pour capter le plus de lumière possible. J’ai ouvert le diaphragme pour laisser entrer la lumière et pour créer un effet de flou qui concentre le regard sur Flora.

C’est alors que, dans ce cadre solennel où pendaient les portraits de ses ancêtres, Flora a sorti de je ne sais où deux paires de fausses moustaches noires en carton qu’elle avait achetées pour pimenter les photos de couple. Elle ne m’avait pas prévenue, mais, la connaissant, je n’étais pas étonnée: comme l’ont dit les jeunes mariés plus tard dans la journée à l’occasion de leur cérémonie laïque, « avec nous, plus c’est sérieux, plus on rigole ». Et voilà Grégory et Flora qui se lancent dans un concours de grimaces à grand renfort de moustaches, observés d’un œil bienveillant par les ancêtres endimanchés.

Un peu plus tôt, nous avions voulu ouvrir une fenêtre pour que les mariés puissent s’accouder au balcon. Les lourds rideaux avaient résisté un moment, mais finalement les battants s’étaient ouverts en grand et l’air tiède de juin était entré à flots. Je m’étais postée dehors et j’avais continué de leur parler et de les faire parler pour qu’ils conservent une expression naturelle. J’étais aidée dans cette tâche par mon petit ami Frédéric, qui m’assiste souvent dans les mariages. C’est ce moment très opportun qu’il a choisi pour raconter une blague aux mariés. C’était une blague sur un épileptique que lui avait fait un collègue de bureau. Je savais qu’ils ne s’en formaliseraient pas, toute infirmière que soit Flora. J’avais déjà entendu la blague ; j’attendais la chute, l’objectif pointé sur le jeune couple. L’effet a été saisissant : une fois le mot de la fin prononcé, le couple est parti dans un immense éclat de rire partagé. Comme leur hilarité durait, j’ai eu le temps de déclencher deux ou trois fois l’obturateur. Cette photo, je la dois à Frédéric !

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