L’eau, l’air et la lumière

J’ai inauguré vendredi dernier une exposition de photos de paysages dans un café restaurant. Le patron avait entendu parler de mon travail par un ami, et il cherchait à créer un évènement pour attirer la clientèle dans son établissement tout neuf. Je suis passée le voir pour lui montrer mes books et discuter des modalités. Il m’a dit avoir une préférence pour la photo de paysage, plus neutre que des portraits dans un tel environnement ; d’ailleurs c’était aussi plus simple pour moi, puisque je n’avais pas besoin d’obtenir les autorisations des personnes représentées. J’avais de belles photos de paysages en stock : à chacun de mes voyages, j’en avais distingué deux à quatre qui se détachaient du lot. Un mois plus tard, c’était fait : j’avais commandé de grands tirages A4 et A3 sur plaques aluminium, et, après deux semaines d’une attente impatiente et légèrement angoissée en plein milieu des vacances d’été, je les avais réceptionnées. La qualité des tirages était très satisfaisante, l’aluminium faisait vibrer les couleurs, leur donnait vraiment l’aspect d’un tableau d’exposition et avait en outre l’avantage d’être très résistant. Il était livré avec des attaches solides pour le dos des tableaux. Puisque dans les photos sélectionnées les images de mer, de lacs et de ciel dominaient, j’ai choisi d’intituler l’exposition « L’eau, l’air et la lumière ».

J’ai fixé la date du vernissage au 19 août. Mon cousin Kevin et mon oncle Patrick sont arrivés les premiers pour me prêter main forte. Kevin étant dessinateur et Patrick publiciste pour une marque de haute couture, leur œil artistique était le bienvenu pour m’aider à harmoniser les couleurs et l’alignement des tableaux. Puis mon amie Fanny est arrivée avec son chéri ; tous étaient enthousiasmés par la qualité des photos et des tirages sur alu, ce qui m’a bien récompensée de mon travail. Je leur ai demandé de mettre tous la main à la pâte pour accrocher les tableaux et coller les étiquettes de titres. J’étais toute heureuse de voir rassemblés autour de moi ces paysages chargés de souvenirs et ces personnes chères. Le patron du café, qui surveillait d’un œil l’avancement de tout cela en travaillant, s’est franchement interrompu pour venir contempler l’exposition. Quelques autres personnes sont arrivées et nous avons fêté cela autour d’un verre, échangeant des vues artistiques et des anecdotes professionnelles.

Voici ci-dessous l’une des photos que j’ai fait agrandir. Je l’ai prise à Barcelone lors d’un voyage avec mon amie Fanny, photographe elle aussi. Je me souviens très bien des circonstances : nous étions allées visiter un vieux fort en périphérie de la ville. C’était le mois d’octobre et le soleil se couchait. Le vent soufflait très fort sur la vaste plate-forme de pierre au sommet du fort. Nous avions été d’emblée émerveillées par le paysage majestueux, la mer d’un côté, la terre avec tous les petits points des lumières du soir qui commençaient à s’allumer de l’autre. Mais le vent rendait l’air glacial ; nos manteaux fermés jusqu’au menton, nous grelottions pourtant. Fanny était prête à faire demi-tour pour aller se réfugier au chaud dans un café, mais j’avais été frappée par ce coin de mer où s’attardaient quelques voiliers sous un ciel crépusculaire chargé. Ce paysage me faisait irrésistiblement penser à une peinture à l’huile : c’était tout à fait le type de ciel qu’affectionnaient les peintres classiques. Tourmenté, il offrait un mélange subtil de tons chauds et froids, et était d’une matière si dense qu’on avait l’impression de pouvoir la toucher.

Tandis que Fanny tapait des pieds pour essayer de se réchauffer, j’ai réglé mon appareil photo avec le plus grand soin et pris plusieurs clichés en essayant des cadrages différents. J’ai fini par me concentrer sur un petit voilier perdu dans cet immensité quelque peu menaçante, pour le placer exactement où je sentais qu’il devait être : en bas à droite de l’image, comme une signature. Quand, satisfaite de l’image, je suis ressortie de ma concentration, j’étais complètement frigorifiée ; Fanny et moi avons redescendu les marches menant à la plate-forme presque en courant pour aller commander des boissons chaudes et des pâtisseries dans le café du fort.

Si j’ai éveillé votre curiosité et que vous voulez voir les autres photos, elles resteront exposées pendant un mois au café le Sap Heure (ainsi nommé à cause de la caserne de pompiers toute proche), 1 Place Jacques Froment, 75018 Paris. A vous y voir !

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