La porte entrouverte

Cécilia et Nicolas se sont mariés au Château du Montvillargenne, près de Chantilly. Les chambres où se sont apprêtés les mariés étaient vastes, avec des murs tapissés et de lourds rideaux. Mais le plus beau, c’était la lumière. Les fenêtres ouvertes dans la façade toute couverte de lierre laissaient entrer une lumière diffuse qui s’adoucissait à mesure qu’on s’éloignait de la croisée, modelant ainsi des ombres qui rehaussaient les formes. J’ai pris bien soin de préserver ce beau clair-obscur en m’abstenant d’allumer l’électricité et en laissant mon flash cobra dans mon sac.

Cécilia, vêtue pour le moment d’un peignoir en soie noire, s’est installée dans un fauteuil à un ou deux mètres de la fenêtre. La maquilleuse et le coiffeur se sont mis au travail, s’affairant à tour de rôle. Comme la maquilleuse tournait le dos à la fenêtre, la lumière mettait naturellement en valeur le visage de la mariée. Les teintes chaudes donnaient à l’image un aspect pictural.

J’ai ensuite décidé de saisir cette occasion de faire un beau portrait de la mariée. J’ai cadré mon image et attendu le bon moment. Pendant un instant fugace, l’ombre de la maquilleuse a porté sur Cécilia tout en laissant un liséré de lumière souligner les contours de son visage. J’ai déclenché. Quand j’ai ouvert l’image plus tard chez moi, le modelé m’a semblé d’un tel classicisme qu’il appelait un traitement en noir et blanc.

Pendant ce temps-là, la robe de mariée faite sur mesure attendait qu’on la revête, suspendue à la fenêtre. Les ombres soulignaient la légèreté du tissu et la délicatesse de la coupe.

Une fois la coiffure achevée, la dernière touche de maquillage posée, Cécilia a enfilé la robe et rejoint son mari et leurs deux enfants dans une chambre lumineuse décorée dans le style Directoire.

Nous étions prêts à partir, j’avais fermé mon sac et gardé seulement mon boitier avec mon objectif 24-105 pour saisir éventuellement des images en chemin. Mais c’est à ce moment que le bébé a commencé à pleurer. La petite, qui n’avait que quelques mois, devait être inquiète du changement de décor et de toute l’activité qui l’entourait. Son père puis sa mère ont entrepris de la consoler.

J’étais déjà sortie dans le couloir ; par les portes entrouvertes je voyais Cécilia marcher dans la chambre en berçant le bébé. Le cadre naturel créé par les portes, les ombres, le reflet de la lumière du jour sur le parquet, le halo qui entourait la silhouette de la mère et de l’enfant – j’ai tout saisi en un instant, pointé mon appareil et déclenché l’obturateur.

Ce jour-là, j’ai eu l’occasion de faire encore bien d’autres photos. J’en ai publié plusieurs sur mon site www.florencedujarric.com.

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