Un mariage inattendu

Il était 13h30, et le déjeuner était presque prêt. En attendant, je finissais de formater mes cartes mémoire pour le spectacle que j’allais photographier le soir. Mes batteries photo étaient déjà pleines.

Mon téléphone sonne. Numéro allemand inconnu. Je décroche : « Allo ?
– Hallo Florence, hier ist Beate. »
Beate, c’est une collègue photographe de mariage qui habite Bamberg, en Allemagne. « Est-ce que tu es dans la région ? me demande-t-elle en allemand.
– Oui, pourquoi ?
– Voilà : j’ai un mariage cet après-midi, mais mon père ne va pas bien. Je dois aller à l’hôpital. Est-ce que par hasard tu serais disponible pour me remplacer ?
– Euh… ça se prolonge jusqu’à quelle heure ? J’ai un reportage à faire ce soir à 21h30 !
– Ils n’ont réservé que quelques heures l’après-midi. »

A ce moment-là, je donne le téléphone à Frédéric qui a écouté la conversation, pour qu’il se charge de noter les détails : il ira plus vite que moi en allemand. C’est au château de Weissenstein à Pommersfelden, pas très loin de Bamberg. La mariée s’appelle Anita (ou est-ce Anika ?), et le marié Alex. Le rendez-vous avec la photographe était prévu à… 14h. La cérémonie religieuse commence à 14h30.

Je n’attends pas que Frédéric ait raccroché. Je rassemble mon matériel photo dans l’entrée, prépare des vêtements de rechange et mets la table au pas de course. Impossible de partir travailler sans avoir mangé.

S’ensuit alors le déjeuner le plus rapide de l’histoire. A 13h50, habillés de vêtements fraîchement repassés, nous nous asseyons dans la voiture. Fred règle le GPS. Pommersfelden : 70km. Nous partons sur les chapeaux de roue. Fred fait rugir le moteur : ici la vitesse sur autoroute n’est pas limitée. Nous nous croirions presque dans un film américain. Pour rire, je crie à Fred : « Chauffeur, suivez cette voiture ! ». Mais voilà une zone de travaux limitée à 60 km/h. Le temps nous paraît très long.

14h20, et nous quittons l’autoroute pour une petite route de campagne derrière une voiture qui roule à 60km/h. Puis nous apercevons au loin une demeure imposante : « C’est là ! ». A 14h25, Fred arrête la voiture au bord de la route pour me laisser descendre avec le matériel, puis repart se garer plus loin.

J’ai un petit moment de désorientation : il y a deux mariées devant le portail du château, une en blanc, et une en… noir, qui arrive dans une calèche. Je parie pour la blanche et me dirige vers elle. Pari gagné ! C’est Anika ! J’ai juste le temps de lui dire bonjour, et la témoin arrive avec le bouquet de fleurs. Première photo.

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Je me retourne. Il y a des chevaux devant la grille. Je braque mon objectif dans leur direction. Mais un invité d’Anika qui a lui aussi un reflex Canon m’interromp : « Ils ne sont pas avec nous ! Ils sont avec la mariée noire ! »

De toute façon il est temps d’y aller, le marié est déjà dans l’église et attend l’arrivée d’Anika. L’invité m’indique comment rejoindre la chapelle : c’est loin là-bas au fond, dans la deuxième bâtisse, celle avec une fenêtre ouverte, à gauche. Je traverse la cour, qui est énorme, et bénis mon invité : il y avait une troisième noce en même temps dans le château, sans lui j’aurais pu me tromper de chapelle !

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Fred m’a rejoint en courant. La mariée nous suit à petits pas. Je vois du monde dans une galerie couverte, j’entre. Et nous voilà dans une très belle chapelle baroque où attendent les invités endimanchés. Le temps de signaler ma présence au curé, la mariée fait son entrée. La cérémonie commence. Je prends au grand-angle une photo des mariés de dos qui englobe le plafond peint et moulé.

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Puis je veux remonter l’allée pour faire face aux mariés. C’est à ce moment-là que je m’aperçois que je suis prise au piège : l’allée est très étroite et je ne peux contourner les mariés, et les bancs sont collés au mur des deux côtés. Je n’ai d’autre choix que de faire lever une rangée d’invités pour passer.

De l’autre côté, la lumière est bonne grâce aux deux fenêtres qui entourent le tabernacle. En deux occasions, une vingtaine d’invités se lèvent pour chanter ; j’en profite pour me déplacer et changer d’angle.

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Malgré ce démarrage précipité, tout s’est très bien passé ! Nous avons fait connaissance avec les mariés après la cérémonie ; ils se sont montrés très reconnaissants que nous nous soyons mobilisés aussi rapidement.

Pour voir plus de photos, rendez-vous sur www.florencedujarric.com!

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