Inside Out/ ConneXions: exposition réussie!

A l’épisode précedent, l’équipe du projet Inside Out/ ConneXions avait enfin réussi à surmonter les difficultés causées par la douane allemande pour récupérer de très grands tirages photo venus d’Amérique. Les portraits avaient été déposés à l’office du tourisme d’Ulm, où nombreux étaient les modèles et les exposants qui, n’ayant pas la patience d’attendre le vernissage, venaient les voir en avant-première.

C’était un mercredi, et il nous restait à peine trois jours avant l’ouverture, le samedi 22 mars. Le matin même, j’étais conviée à m’exprimer à la radio locale au sujet de mon exposition. La présentatrice avait précisé que l’entretien se tiendrait intégralement en allemand et en direct. J’avais cherché à obtenir les questions à l’avance pour m’y préparer, mais les organisateurs de Kunst Schimmer étaient trop occupés à préparer leurs propres installations, et de toute façon la radio comptait laisser libre cours à la spontanéité. J’ai obtenu l’adresse où je devais me rendre quelques heures seulement avant l’horaire prévu de l’émission.

A 10 heures 15, j’ai gravi les escaliers d’un bâtiment du centre-ville et me suis assise sur un canapé devant une porte surmontée d’une lumière rouge portant la mention « On air ». Peu après, la porte s’est ouverte en même temps qu’arrivait Stefan, coordinateur de Kunst Schimmer que je n’avais jusqu’à présent rencontré que sur Facebook. La présentatrice nous a fait entrer dans la pièce insonorisée et a fait un point rapide sur nos différents rôles dans l’exposition collective. Un troisième homme, artiste polyvalent, est arrivé in extremis. Cinq minutes après, la lumière rouge s’allumait et l’émission commençait.

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Après avoir demandé à Stefan de parler de l’organisation générale de Kunst Schimmer, la présentatrice m’a interrogée sur mon travail de photographe de mariage, puis sur les photos que j’exposais. J’écoutais ses questions les sourcils froncés de concentration. Je parlais d’une voix égale quoique le cœur battant, jusqu’à ce qu’elle me pose une question que je n’ai pas comprise. J’ai fait des grimaces pour le lui signifier, et elle a reformulé sa question au fur et à mesure, mais sans simplifier le vocabulaire. En désespoir de cause, j’ai entrepris de lui donner une réponse qui me semblait proche… Comme je gagnais peu à peu en aisance, je me suis même risquée à faire une plaisanterie qui a fait rire Stefan et la présentatrice. Après l’émission, il s’est avéré que je n’avais pas vraiment répondu à la question, mais que cela n’était pas un problème puisque j’avais développé mon propos.

Quand nous sommes sortis, l’ingénieur du son m’a hélée en disant qu’il aurait pu écouter mon accent français pendant des heures encore, et m’a proposé de revenir deux jours plus tard. Affaire conclue! Le vendredi midi, je commençais à être plus à mon aise, j’ai moins préparé mon discours et me suis risquée à faire des interventions plus spontanées. J’avais aussi du nouveau à raconter, puisque nous avions entrepris de monter le stand Inside Out/ ConneXions la veille…

J’y avais passé la plus grande partie de mon jeudi. Avec l’aide de Mehmet, qui m’avait déjà assistée lors de la prise de vue, de Claudia et de quelques autres, il a fallu d’abord déployer tous les grands portraits par terre et les agencer de manière à ce que chaque portrait soit lié par le regard à au moins un autre portrait, de façon à créer, comme annoncé par le titre de notre exposition, un réseau de connexions.

Ensuite, la formation d’ingénieur de Mehmet nous a rendu service puisqu’il a commencé à mesurer les murs et les posters, calculer combien de portraits nous pouvions coller sur chaque mur et de combien de centimètres il fallait rogner les tirages en fonction de la largeur du mur, et dessiner un plan de l’exposition avec toutes les mesures. Nous avons attribué une lettre à chaque mur et un numéro à chaque portrait, et reporté les cotations au crayon au dos des posters et à même les murs, de façon qu’un poster numéroté A2 ou E35 trouve sa place sans erreur possible. Ensuite nous avons commencé à tracer des lignes de coupe avec des règles de fortune (où trouver une règle d’1m30 de long??) et à rogner les 60 tirages aux ciseaux. Pendant ce temps, d’autres testaient la fixation: nous voulions tout d’abord coller les posters, mais ensuite l’agrafage a semblé une meilleure solution, plus simple et qui nous permettrait de récupérer les images à la fin de l’exposition.

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Après 4h de travail, il m’a fallu passer la main aux autres personnes présentes. Claudia et Mehmet ont travaillé jusque tard dans la soirée, et travaillaient encore quand je suis revenue le vendredi à 14h après ma seconde émission radio. J’arrivais juste à temps pour mettre la dernière main au travail d’affichage. L’exposition Inside Out était la plus grande et la mieux placée de Kunst Schimmer, juste devant la scène où devaient avoir lieu tous les discours, spectacles et autres ateliers. A côté des posters en noir et blanc, j’ai installé des roll-up présentant mon travail de photographe de mariage, une table avec des flyers et un poster de près de 2m de haut en forme de mosaïque que Cecilia avait composé avec diverses photos de mon book.

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Pendant ce temps-là, les autres artistes s’affairait sur leurs propres panneaux d’exposition. Chacun faisait des allées et venues avec des cadres, des perceuses et des échelles; un sculpteur était arrivé à vélo en trainant derrière lui un petit éléphant monté sur roulettes. Tout un groupe d’espagnols armés de feutres et de pinceaux venait d’arriver en avion. Les principaux organisateurs avaient les yeux rouges de fatigue.

Le lendemain matin, l’ouverture officielle de Kunst Schimmer a eu lieu devant mon stand en présence du maire. Pour le vernissage d’Inside Out /ConneXions, Cecilia m’a proposé d’improviser un petit discours en anglais. J’ai fait venir Mehmet à mes côtés. La photo que j’avais faite de lui riant les mains sur les joues avait déjà fait le tour d’Internet; quelqu’un a proposé que tous les modèles présents prennent la même pose, et Clément a fait les photos.

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Les dix jours qu’ont duré l’exposition ont été plein de rencontres. Les autres exposants s’intéressaient à mon travail, tout d’abord parce que les portraits de la moitié d’entre eux figuraient sur mes murs. J’en ai profité pour les convier à poser à nouveau devant leurs photos. Comme prévu, j’ai également fait de nouveaux portraits sur le stand pour alimenter un projet à venir encore ambitieux.

Et je me suis promenée parmi les œuvres des autres… J’ai participé à un atelier de création de mosaïques et de confection de gnocchi, écouté un chanteur à la voix rauque qui coulait pourtant comme du velours, regardé des cours métrages, surpris une chanteuse française que je ne connaissais pas en reprenant avec elle « Et la mer efface sur le sable… ». J’ai fait connaissance avec presque tous les artistes d’Ulm. Vers la fin de l’exposition, on m’a même présentée à quelqu’un qui s’est écrié: « Ah oui, Florence Dujarric, tu es célèbre ici! ».

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2 réflexions sur “Inside Out/ ConneXions: exposition réussie!

  1. La photo de tous les portraits dans la salle vide est impressionante! (+ que ca l’était dans la réalité je trouve).
    Tu ne parles pas de ce qui est arrivé aux photos. Sujet du prochain article? 🙂

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